L'écologie et le développement durable représentent un nouveau terrain de jeux pour l'industrie du textile et les opportunités y sont bien nombreuses. Nous avons eu l'occasion d'échanger avec la jeune marque de vêtements Bruma qui se trouve à Brasilia.
Nous nous sommes intéressés chez eux à leurs ambitions, leurs aspirations et aussi leurs visions sur les grandes enseignes de la mode.

Cette entreprise fondée en 2016 n'a que 3 employés et c'est la jeune PDG de 26 ans, Marcela Torres, avec qui nous avons discuté du projet atypique de cette marque.
Avec l'utilisation de coton biologique, de chanvre et des emballages de boissons, ils créent des vêtements tendances avec une approche marketing exclusive en ne proposant qu'un produit par gamme : par exemple, la production de t-shirt ne se résume qu'à un modèle. Ils se fournissent à Sao Paulo pour ensuite designer et confectionner leurs produits dans leur atelier.
Avec cette approche exclusive, la marque a adopté une stratégie de prix plus élevé que la moyenne pour viser une clientèle plus sélective.
C'est donc grâce à des produits écologiques, uniques, et de qualités que l’entreprise justifie son image de marque "haut de gamme - select".

Comme Bruma est jeune, ils utilisent essentiellement internet et les réseaux sociaux pour vendre et promouvoir leurs produits. Bien qu'ayant des partenariats avec des enseignes "bobos-écologiques", comme des barber shop de la banlieue de Sao Paulo, ils vendent en partie leurs produits grâce à leur site internet. Ce canal, utilisé pour son côté pratique apporte des inconvénients évidents dans ce domaine comme l'impossibilité d'essayer les vêtements. C'est dans un future proche qu'ils comptent ouvrir des points de vente, en commençant par Sao Paulo, afin de pouvoir mettre en place leur stratégie marketing.
Là où Bruma veut se démarquer c'est dans l'histoire et les valeurs de la marque. Forte d’un storytelling autour de sa conception, la marque veut proposer une réelle expérience aux clients en proposant des produits éthiques et adaptés aux goûts du jour tout en mettant en avant l’histoire du produit.

Aujourd’hui, de plus en plus d'entreprises dans le textile se lancent dans le développement durable notamment par l'intermédiaire du Green Washing. Cette méthode frauduleuse encore bien trop pratiquée, consiste à promouvoir une démarche écologique sans réellement s'en soucier. Parmi les grandes entreprises du textile qui adoptent un discours engagé sur le développement durable, 40% d'entre elles ne respectent toujours pas les normes européennes en utilisant des produits toxiques dans leur chaîne de production.

Durant les 20 dernières années, les entreprises ont privilégié la production de masse au détriment de l’écologie et l'industrie textile pèse lourd dans le bilan environnemental. Il faut compter environ 2700 litres d'eau pour produire un seul t-shirt en coton ce qui représente, en moyenne, la consommation d’un individu en 3 ans. Alors que le coton représente 2,5% de l’agriculture mondiale, 25% des pesticides utilisés sont pour cette industrie, ce qui provoque des maladies pour les populations des pays producteurs, notamment sur l'infertilité
Notre rythme de consommation a favorisé l’essor de nouveaux magasins et notre consommation de vêtements a doublé lors de ces 20 dernières années.
De nouvelles marques comme Bruma ou encore notre partenaire Veja mettent en avant leurs utilisations de produits fabriqués 100% à base de produits recyclés tandis que d'autres, n'hésitent pas à utiliser des techniques obsolètes et néfastes pour assurer une production de masse.
C'est sur ce point qu'a insisté Marcela, en expliquant qu'un système de production efficace et une meilleure utilisation de matières premières pourraient considérablement changer une industrie qui a du mal à sortir de ses mauvaises habitudes. L’utilisation de produits recyclés devient de plus en plus accessible et il serait possible pour les grandes enseignes de ralentir la surproduction qui entraîne ces dégâts environnementaux.

Avec un réel souhait de vouloir produire des vêtements à base de produits recyclés, Bruma nous démontre qu’il est possible de limiter son impact environnemental dans ce milieu et bien que cette entreprise soit jeune, elle propose une approche originale et novatrice sur ses futurs points de vente. Cette marque est un exemple concret que l'écologie sait se préoccuper des différents enjeux environnementaux et l'exemple de marques de vêtements plus anciennes, comme Veja, prouvent que croissance et écologie peuvent aller de pair.

Néanmoins il est important de préciser que dans cette industrie, c’est souvent le consommateur qui est maître des tendances actuelles et un réel effort est à faire en consommant moins mais mieux pour éviter cette surproduction néfaste à notre planète.

 

Infos pratiques :

-  Seul le label « écolabel européen » est crédible au sein de l’industrie du textile, les autres labels sont souvent mis en place par les enseignes et n’ont pas de crédibilité.

-  En France, l’Ademe travaille avec 7 entreprises volontaires (Decathlon ou Okaïdi par exemple) pour informer les consommateurs d’ici la fin du premier semestre 2018 sur les principaux impacts de leurs produits : effet de serre, consommation de l’eau et sur son eutrophisation.

 

N’hésitez pas à consulter leur site internet pour plus d’informations sur leurs produits.

Nous tenions à remercier Marcela pour le temps qu’elle nous a donné pour répondre à nos questions ainsi qu’à Allianz Voyage pour leur soutien durant notre voyage.

 

Nos sources : Loom, McKinsey et Le Monde et Mr Mondialisation.